Les Picasso

Les autorails X 3800 dits « Picasso »

Modèle réel :

Pays : France

Compagnie : SNCF

Utilisation : liaisons secondaires

Mise en service : 1950-1961

Radiés : 1988 à 2008 mais des autorails ont été sauvés par des associations

Nombre d’exemplaires : 256

Dimensions / poids : 21.85m pour 31.5t

Autres caractéristiques : 3 constructeurs : Régie Renault, De Dietrich et les Ateliers du Nord de la France (ANF).

Puissance / vitesse : 250kW (environ 300cv) par moteur Saurer ou Renault  donnés pour 120km/h . Les X 3800 sont prévus pour être utilisées en UM.

Dépôts directeurs : présents dans toute la France

Ces autorails complets et rustiques ont sillonné la France pendant des années. Les X3800 sont l’archétype des autorails, ils restent très présents dans l’imaginaire collectif. Et le français lambda utilise encore le terme de « Micheline» pour désigner notre autorail… terme galvaudé s’il en est car les « michelines » étaient équipées de pneus Michelin, ce qui n’est pas le cas de nos 3800.

Voyons donc l'autre surnom : « Picasso » en raison de la cabine de conduite surélevée et excentrée comme le nez des portraits du peintre. On trouve parfois "champigneulles", "perroquets" ou "300 cv" mais c'est plus rare.

Je garde personnellement un excellent souvenir de ces autorails un peu bruyants. Ce qui était extraordinaire, c’était le compartiment voyageur dont l’arrière donnait sur la voie. Ainsi dans la configuration où l’autorail roulait avec cet espace vers l’avant, on avait l’impression de conduire. J’ai fait des km entre Epernay et Reims (en omnibus), avec le passage du tunnel entre Germaine et Rilly-la-montagne !  Comme si on était le conducteur, enfant: j'adorais.

Je pense que d’autres ont aussi ce genre de souvenirs de cet autorail attachant.

Modèle réduit

Marque : Jouef  (jouet )
Référence : 832 E puis 851. L’autorail était disponible en 2 coffrets (autorail + remorque : ref 760) et autorail + remorque + autorail démotorisé (ref 7600) dit « le Troyen »... je possède cette dernière ref. achetée en 1973.
Courant continu/alternatif : continu
Echelle : HO
Année de fabrication : de 1965 à 1974
Type de moteur/mécanique : bogie moteur équipé d’un M40 dit tourne-broche assez bruyant
Entraînement : le moteur est directement accolé à une couronne qui transmet le mouvement à des engrenages. Les essieux du bogie servent de captage par lamelles. Pas de bandages d'adhérence.
Digital/Analogique : analogique
Marque et type de décodeur : X
Dimensions/Poids : 243mm pour 95 g

Inscription en courbe : passe sur les rayons jouef de l’époque soit 385 mm
Attelage : crochet métallique à boucle très volumineux aux standards de la marque.
Prix : Il est très difficile de donner un ordre de prix de cette version. On peut en trouver à 20 euros mais certains collectionneurs sont près à mettre 150 euros pour un Troyen complet 3 éléments en boite d'origine. 

Remarque : les premiers modèles avaient des roues des essieux en plastique noir puis le modèle a évolue avec des roues métal (les pointes de l'axe étaient coupées). La rambarde supplémentaire sur l’extrémité côté moteur a été supprimée. Le mien possède l’éclairage. C’était un modèle très intéressant à l’époque où il n’y avait presque rien comme matériel Français.


Expérience :

Ce modèle est naturellement d’un autre âge. Le mien à 40 ans à la rédaction de ce dossier. Il est assez différent de la réalité dans les proportions exactes. Il parait plus aplati et plus large mais doté d’aménagements intérieurs. Ce qui est le plus étonnant, c’est le traitement des portières avec cette grille inexistante sur les vrais Picasso.

Les coffrets étaient livrés avec des remorques qui n’étaient rien d’autre que des Picasso démotorisés sans cabine.

Loin de tout réalisme, parfaitement collector et bricolé par un lest et la mise en place d’un socle d’éclairage de maison au centre du compartiment, je l’aime encore bien mon "Troyen". Il ne roule plus mais a fait longtemps les beaux jours de mes débuts en modélisme; il est complet sans aucun manque malgré les années. Alors je le garde... c'est sentimental.

 

Modèle réduit

Marque : Jouef  (modèle)

Référence : 8601 (rouge/crème), 8604 (bleu-blanc), 8606 (rouge toit rouge), L208360 (identique au 8601 en rouge plus foncé produit par Lima)
Courant continu/alternatif : continu
Echelle : HO
Année de fabrication : 1983 à 2001 sous la marque jouef puis 2002-2004 sous la marque lima (2002) puis Rivarossi
Type de moteur/mécanique : retour du M40 mais les derniers modèles ont été équipés de moteurs plus volumineux (sans doute des Buhler)
Entraînement : engrenages droits (deux diamètres) présence de bandages.
Digital/Analogique : analogique
Marque et type de décodeur : X
Dimensions/Poids : 270 mm / poids inconnu mais j'avais lesté le mien (proche 200g)

Inscription en courbe : 385 mm mini
Attelage : possibilité de monter des attelages crochets mais j’ai préféré monter les pièces de détaillage dont le coffre à batteries qui interdit les attelages mais donne un très bon résultat esthétique.
Prix : remis en production par HJ  dans la gamme "junior" sous la ref HJ 2032 (rouge-crème) + Hj 2057 (toit rouge). On le trouve à 100 euros environ mais des modèles d’occasion se trouvent à environ 60 euros.


Expérience :

Il faut avouer que le modèle jouef est très réussi. Esthétiquement, il est très bon même si depuis la finesse s’est amélioré. Ce que j’ai énormément apprécié sur ce modèle, c’est le détaillage (simple mais efficace) de Jouef. Le détaillage de la traverse avant avec son grand coffre à batteries était possible même s’il condamnait la circulation attelée. Les Picasso roulaient souvent seuls et ne pas y adjoindre une remorque ne me gênait pas car l’aspect esthétique de l’engin en était bien meilleur. Vous trouverez dans les RMF n°557 (dec 2001) et 558 (janv 2012) deux dossiers de détaillage intéressants.

On peut lui reprocher un intérieur orange simplifié et un système d’éclairage ancien (ampoules) très visible.

Pour le reste, j’avais (car je l’ai vendu) un des derniers modèles Champagnole. Il avait un gros moteur et il a fallu que je recale les 2 engrenages car le jeu de l’axe du moteur faisait se disjoindre les pignons dans un sens de marche (un calage, une goutte de colle et c’est réglé). Je l’avais aussi lesté pour avoir un meilleur captage de courant (2 lames de fer sous la toiture). Le seul défaut que je lui trouvais était bien le captage du courant.

Il existait un kit très complet de remotorisation chez Mécanic Train; travaux lourds avec moteur, cache moteur etc... ce kit n'est plus distribué en raison de la mise sur le marché de modèles plus élaborés par Mistral et LSM.

N’ayant plus le modèle, il m’est impossible de vous le présenter en image…j’ai repris une image du catalogue.

et une image souvenir

 

Modèle réduit

Marque : Mistral
Référence : Mistral a exécuté son autorail avec systématiquement 3 versions : analogique (Silver), digital (gold) et digital sonore (titane) + des versions à commandes bluetooth. Ce qui donne une trentaine de ref : on peut directement se référer au site du constructeur.

http://www.mistraltrainmodels.be/product.php?lang=fr&id=14

Courant continu/alternatif : continu
Echelle : HO
Année de fabrication : 2007
Type de moteur/mécanique : moteur Maxon RE-max13 (1.2 Watt)
Entraînement : cardan et vis sans fin sur 2 essieux ( pas de bandages)
Digital/Analogique : analogique: vitesse max 0.357m/s (donneur constructeur)
Marque et type de décodeur : X
Dimensions/Poids: 251.1 mm (ht), 270 g

Inscription en courbe : donné pour 355 mm mais il faut bien reconnaître que dès les rayons à 476 mm, il ralentit (R4 roco code 100)
Attelage : possibilité côté passager... un kit smd est dispo pour le côté moteur (ref 072)
Prix : 190 à 220 euros pour un analogique sur la toile

Mistral a sans doute surestimé les capacités d’absorption du marché avec trop de ref et il se trouve que des promos très importantes ont eu lieu ces dernières années avec des modèles analogiques neufs à 130 euros mais ça devient rare.


Expérience :

Dire d’abord qu’il est superbe, les compartiment et cabine sont éclairés (y compris le kiosque de conduite), Mistral a disposé des personnages et les rideaux sécables sont mobiles. La gravure est magnifique, le boitage impeccable (cossu) et des pièces nombreuses sont jointes (en particulier les plus fragiles comme les trompes). Je pense que les essuie-glaces et les grilles du toit auraient pu être plus fins mais c’est minime.

On a eu des remontées de modèles ayant des problèmes de jointures de toit. Mistral est très attentif aux avis et problèmes des clients (le SAV semble sérieux).

Le plus grand nombre de soucis semble venir des modèles digitaux qui ont des ratés de fonctionnement. Je n’en dirais rien car resté en analogique. Donc pour ce qui me concerne, le modèle fonctionne parfaitement bien mais est un peu brutal au démarrage. Ca roule lourd (châssis zamac) et ça tient parfaitement le rail. Le seul souci (très minime) est la sensibilité de la carte électronique aux changements de marche… parfois les feux ne suivent pas mais un arrêt bien net remet les choses en place. C’est un autorail qui me plait énormément. Une très belle réussite de Mistral. Toutefois, je trouve le démarrage brutal en analogique mais après ça roule lourd et bien !

Le compartiment à bagages est aménagé pour cacher le moteur (ici surexposé pour bien voir)

il est très réussi

 On voit bien le chemin parcouru !

 

Les LSM (que je ne posséde pas)

Le Picasso de LSM était clairement le concurrent du Mistral. Le projet avait été élaboré par de Massini ex-importateur Fleischmann et il était très avancé lorsque de Massini a été obligé de lâcher le projet. LSM l’a repris à son compte avec comme à son habitude un haut niveau de finition et un prix inférieur à Mistral. Mais de nombreux engins furent victimes de problèmes électroniques de soudure sèche. Mais aussi de fragilité des tringleries de bogie (smd propose un kit de remplacement ref smd 070) et de perte de pièces.

Il est à remarquer que malgré la concomitance de la commercialisation, les Mistral sont plus nombreux. Leur principal avantage était leur équipement (en particulier la sonorisation). On voit très peu de LSM en général en expo ou vidéo sur le net.

Quoi dire encore, ah si, les picasso ont souvent roulé avec des remorques Decauville (qui ont plusieurs variantes). Elles furent reproduites par la firme AS et plus récemment par Roco (avec éclairages). Elles sont assez cher mais très réussies. Comme celle-ci, rouge et crème...

...ou bien avec un toit rouge (il existe aussi des variantes de fanaux et de fourgon)

ici avec le Picasso Mistral, on voit des différences de nuances (surtout le crème... plus jaune chez roco)

 

Les avis sur les Picasso sont donc partagés. Il n’en demeure pas moins que les modélistes sont très attachés à cet autorail qui est parfait sur les réseaux (surtout les petits). Chacun verra en fonction de ses goûts, de ses moyens et des disponibilités du marché.

Et si on se regardait une petite vidéo pour finir ? un gros écart en 40 ans !

 

 j'espère que ce dossier vous a plu !

 
 
 

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