le départ en vacances

 Voici une petite histoire en forme de souvenir que j'ai appelé "le départ en vacances de papy Milou". Papy Milou (Emile) était mon grand père, je l’aimais infiniment et il me manque vraiment, c'était un cheminot qui m’a trimbalé des quantités de fois et m’a offert souvent des miniatures. Cet épisode imaginaire compile un peu son caractère.


Tout le monde était fin prêt pour le départ en vacances… un périple avec correspondances, train couchettes et autres souvenirs de papy Milou, haute figure cheminote que vous allez découvrir. Il part avec ses petits-enfants qui ont du mal parfois à le canaliser.

De peur d’arriver en retard pour prendre le train, nous voici près de 30 minutes avant le départ sur le quai : on ne sait jamais.



« Enfin Milou : mais qu’est-ce que tu fais si loin ; lui dit Maguy (la mamie aussi surnommée Guitte)
« Quand le train arrivera, on sera bien placé »
« C’est un autorail, il ne va pas s’arrêter si loin de la passerelle »
« Un autorail ? ces trucs qui sentent le gasoil ? Tout fout le camp ! en 1936, on avait de vrais trains, à vapeur, pas ces bus sur rails ! »

Faux mon cher papy Milou, on a retrouvé des documents d’époque et en 1936, c’était déjà un autorail !



« En attendant, on est en plein courant d’air et on s’entend plus avec ces trains de marchandises qui passent sans arrêt.»
« C’est pas possible mais t’es jamais content !»



« Voilà le Picasso… je t’avais dit qu’il n’irait pas plus loin que la passerelle ! mais qu’est-ce que tu fais ? »
« Je cherche mon horaire pour voir à quelle heure on arrive pour la correspondance »
« Mais tu peux faire ça dans le train et tu le sais par coeur, tu le regardes sans arrêt depuis une semaine. En plus il y a au moins une heure pour changer de quai, allez viens »



« T’as vu l’autre là haut, il est en retard lui… il n’est pas aussi prévoyant que nous »



« Bon, tu te mets où ? »
« Ici, Maguy, t’as mis les valises en haut ? Je voudrais changer de place ! »
« Mais pourquoi ? »
« Pour être dans le sens de la marche ! »

C’est le signal de départ enfin.

« C’est bien, il est à l’heure ! Tu crois qu’on passera par Pantin ?»
« ca m’étonnerait »
« Non mais tu sais: ‘’c’est pas parce qu’on est à Pantin qu’il faut faire le guignol !!!’’ »
« Tu nous la racontes à chaque fois celle-là ...>>

Le voyage se passe bien, détente et paysage mais voici le tunnel qui nous indique l’approche de Mittel... gare d’arrêt et de correspondance.

« Mais pourquoi tu te précipites ? »
« ben, on arrive !»
« Il y a le temps, il faut passer le tunnel, les aiguilles d’entrée et c’est le terminus ; tu ne vas pas te mettre debout pendant tout ce temps là dans le tunnel en plus »

 Ca y est on y est…



… et nous voilà à quai.



Le temps de sortir et l’autorail s’en va
« Qu’est ce que tu fais encore papy ? »
<< Je cherche mon peigne, le vent m’a fait une choupette, elle est où Maguy ?
« Elle est devant avec la valise, c’est elle qui porte ? »
« ben oui, moi, j’ai l’horaire, mes lunettes et mes responsabilités ! »



« Tiens, je t’ai déjà dit qu’ici on en a vu des trains… des beaux et des spéciaux ; je t’ai raconté les 231 K à leur arrivée et pendant la guerre, le convoi avec le canon et les trains de fonte des années 60 quand ça fonctionnait terrible>>
« Ah ça non, raconte »
« Viens, on va au buffet tu prendras bien quelque chose et je te raconte »

Pendant ce temps, en gare un rapide passe sans arrêt: c'est le Stanislas!



composé de Mistral 69



il est passé.


 

 « Et bien pendant la guerre, les Allemands cachaient des trains dans le tunnel… des convois de munitions et des canons sur rail. Le tout tracté par de grosses locos à eux... t’aurais vu ça ! Du coup, le tunnel a été bombardé plusieurs fois par les Américains, on a été secoué ! »







« Et puis on a eu une des premières 141 P toutes neuves en 42, de sacrées machines ! C’est Marceau qui en était le mécano, on allait le voir avec Marcel et Camille. Il a même été mitraillé sur le tablier, il en souffre encore des jambes ».



« Dans les années 50, on avait des 231 K libérées par l’électrification du PLM… C’étaient de belles locos et les voitures de l’époque devenaient plus confortables.»



« Plus tard avec l’électrification ici on a eu des 16000. Quand j’allais à Paris, j’étais bien en 1° dans les DEV.



Aussi des fers à repasser qui acheminaient les minerais et la fonte… Ca vibrait jusque dans mon bureau, au premier à la gare »





mais voici que notre train est annoncé…
tracté par une 15000… revue de détail...



du corail

une T2

un wagon lit

recorail mais 1°classe

une UIC

un fourgon 


et 2° corail


nous on va en 1° mais Milou s’est payé une T2 avec Maguy et on se retrouvera à l’arrivée (il est gentil, il nous a payé la 1° classe).
La loco est décrochée et on place à l’autre extrémité une bicourant (une 22200) car on va vers le sud.



La voici







C’est l’heure du départ, direction le soleil et la plage…



… bonnes vacances avec mamie Guitte et Papy Milou ses souvenirs cheminots et sa gentillesse.



A bientôt pour un autre épisode sur le "réseau de PSX"

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