Murène de la Maurienne

La CCC 45001, un fantôme ferroviaire

Cette locomotive électrique a été un prototype unique quadricourant.  Elle était destinée à des trains lourds voyageurs et fret sur lignes au profil difficile (Alpes) ; et à parcourir plusieurs pays européens aux différents types d'électrification.

Sa courte carrière :

1er avril 1974 : sortie usine

1er avril 1976 : retrait et ferraillage – Pas d'archives probantes.

Constructeur : Alsthom et MTE

Caractéristiques :

Quadricourant : 1500 V et 3000 V continu et 15 kV et 25 kV alternatif

CCC = 3 bogies moteur à 3 essieux (bogie type CC) – 1 moteur par bogie.

2 caisses articulées sur le bogie central.

Longueur : 30 m

Largeur : 3,002 m

Hauteur : 4,31 m

Masse : 170 t

Puissance : 8000 kW

Vitesse maximale : 160 / 200 km/h

En PV : 100 km/h

4 pantographes pour 4 courants différents d'alimentation.

Caisses et châssis issus de la première série des CC 6500, livrée gris métallisé, bandeau rouge entouré de deux lignes orange (dessin Paul Arzens).

Fonctionnement et essais :

Les essais ont montré un effort de traction très suffisant, mais avec des tensions au crochet limites dans les rampes en traction de trains très lourds. A 200 km/h, en configuration de tracé plat ou presque et de charge tractée moyenne, la locomotive présentait une tendance à un léger effet de lacet en raison de la configuration articulée sur un bogie central. Les systèmes anti-lacets tels les actuels sur les rames TGV n'étaient pas encore au point. En outre, même sous le régime Petite Vitesse (PV), une légère instabilité latérale se présentait de manière aléatoire dans des courbes serrées des lignes de montagne, rendant obligatoire une réduction de la vitesse maximum ; ce qui en réduisait l'intérêt en exploitation.

En outre, la série des CC 6500 et celle des quatre CC 21000 étaient très gourmandes en énergie électrique, surtout en alimentation 1500 V continu ; avec le risque d'une disjonction de l'alimentation caténaire par suite du dépassement du seuil de la puissance électrique disponible sur la ligne. Cela pouvait être d'autant plus le cas pour ce type de double locomotive alimentée en continu et en plein effort sur une ligne difficile. Un renforcement de l'alimentation caténaire exigeait des investissements non négligeables.

D'où l'arrêt de l'expérience, sans publicité médiatique.

Elle a été surnommée rapidement par le monde cheminot concerné : « La Murène » . Cette locomotive semblait être le serpent de mer de la SNCF qui cherchait à concevoir un engin remarquablement puissant, telles les « Crocodiles » suisses, mais rapide et polyvalent.

Le modèle réduit :

J'ai utilisé deux exemplaires de locomotives CC 6500 Jouef, première génération Champagnole pour représenter ce prototype.

En chinant dans divers salons modélisme aux rayons « occases », ou bourses au jouets et en fouillant dans mes boîtes à bidouilles (cela peut toujours servir …), j'ai pu rassembler deux modèles de CC 6500 Jouef à peu près potables et destinées à être charcutées, coupées, … sans trop de larmes pour le porte-monnaie.

  • D'abord :

Tout démonter – Conserver les deux bogies capteurs et le meilleur des bogies moteurs.

Les deux caisses ne doivent pas être trop dégradées.

  • Principe :

- 2 bogies capteurs aux extrémités ;

- Ces deux châssis sont entaillés chacun à une extrémité et s'emboîtent avec une marge pour la rotation entre caisses ; une plaque d'aluminium sert d'assise au châssis avant ;

Le bogie moteur est central et son pivot avec le pignon sert de lien avec les deux châssis ;

- Un cache en plasticard de 0,5 mm est collé et peint à la jonction dans la caisse avant, en prenant soin que cela n'entrave pas la rotation et la transmission.

Les bogies capteurs seront modifiés au niveau du crochet.

 - De même chaque caisse aura une de ses cabines découpée selon la longueur du châssis correspondant ;

  • Détails des travaux :
  • une plaque de circuit imprimé à bandes sur chaque châssis pour les différentes connexions ;
  • lester au maximum les châssis ;
  • une plaque en plasticard sur le lest du châssis avant pour poser le décodeur 

  • la plaque d'assise en aluminium à la jonction est entaillée à façon d'après un patron en carton ;

  • la liaison électrique est assurée par un micro-connecteur à 6 câbles (Limousin Modélisme Train) pour faire passer :

  • captage du courant AV et AR en parallèle = 2 contacts. Les fils fins sont soudés sur les palpeurs des bogies et non plus par frottement de lamelles comme à l'origine ;
  • alimentation des feux blancs et rouges inversés et commandés par le décodeur = 3 c. (fils aux couleurs normalisées) ;
  • 1 fil non utilisé vers le châssis AR, mais en réserve pour une éventuelle fonction.
  • L'alimentation du moteur va directement sur le circuit imprimé avant. On peut envisager une liaison par un micro-connecteur complémentaire à 2 c.

 Important : puisqu'un décodeur digital est prévu, il est indispensable d'utiliser des fils aux couleurs normalisées NEM – Morop afin de s'y reconnaître. En effet, il faut noter les correspondances de couleur entre les fils du micro-connecteur à 6 c. et les fils sources aux normes. On trouve le détail des normes sur internet : site du Morop et ceux des grandes marques de matériel numérique.

  • Le circuit imprimé avant :
  • 2 x 4 connecteurs tulipes en parallèle (8 contacts) soudés sur le c. imp. créent une prise NEM femelle à 8 contacts pour fiche de décodeur. La correspondance de ces contacts avec les bandes du c. imp. n'est pas simple à établir : pistes coupées, reports de connexions, etc …, mais on y arrive si l'on suit les normes . Cela paraît long, mais c'est plus pratique quand on veut enlever un décodeur au lieu de 8 soudures petites et serrées.

  • Les feux blancs et rouges :

mini-platines pour locomotives électriques « Nez cassé » (BB 7200, …) de Miniature Passion, avec adaptation des leds aux orifices des phares. Code des couleurs des fils aux normes, bien sûr. Ces platines sont câblées sur les c. imp. correspondants.

  • Un caprice :
  • une mini led CMS collée au dos de la cloison du poste de conduite AV = fonction 1 – Auxiliaire 1 – fil vert du décodeur (+ r = 1800 ohms) . C'est pour le « fun » .

  Le décodeur est collé à l'avant par du double face sur la plaque isolante.

  • Les caisses :

  • suppression des horribles pantographes Jouef d'origine et remplacés par des Sommerfeld 1500 V et 25 KV de récupération ;

  • ligne de toiture refaite plus fine avec des appareillages ;
  • peaufinage des tranches des caisses au niveau de la liaison ;

  • sorte de soufflet rigide collé à l'extrémité de la caisse AV pour cacher la transmission et les liaisons électriques, tout en permettant la rotation ;

  • cales collées à l'intérieur des caisses vers le centre de la locomotive pour maintenir les caisses horizontales sur les montants des châssis, après vissage d'origine et enclicquetage d'origine sur le châssis au niveau des cabines ;
  • numérotation de la locomotive sur les flancs (CCC 45001) faite par des étiquettes de Dymo électronique sur ruban gris métallisé. Ces étiquettes sont collées sur des petites plaques plastiques très fines après ponçage délicat des chiffres en relief.

Les numéros des faces ne sont pas changés car trop fins : pas touche, tant pis.

  • détaillage de la traverse avant .

 

  • Le fonctionnement :

Eh oui ! Elle marche en analogique et digital. Bon captage du courant grâce aux deux bogies capteurs ; un bogie moteur central qui remplit son rôle avec le traditionnel bruit de crécelle Jouef, des feux inversés et commandés, une progression de marche relativement bonne en digital.

  • Deux aspects moins positifs :
  • les boudins de roue de ces vénérables comptent les traverses sur de la voie code 83 ROCO ;
  • l'angle de rotation des deux caisses n'est pas terrible : pas en dessous de 600 mm de rayon. Cet angle réduit est volontaire afin de ne pas trop exagérer l'espace entre les deux caisses. Les courbes du réseau du club acceptent la locomotive.

Cette réalisation est surtout un modèle réduit imaginé et à peu près plausible pour démontrer ce que l'on peut faire avec du matériel de récupération sans trop dépenser.

Mais le modélisme n'est-il pas de se faire plaisir et d'exercer son imagination ?

- J-M. F -

 

Alors, vous en pensez quoi ? superbe travail, fourni, documenté....

Vous avez raison... alors toujours rien.... date de mise en service et retrait ??? la rubrique du site....toujours rien? Vous me décevez !!

C'est un gros gag... JMF s'est amusé à faire un modèle totalement imaginaire; mais curieusement plausible.

On s'est bien amusé non ?

Pourquoi ne pas faire nos protos aussi après tout ?

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