Nous nous retrouvons ici pour un reportage sur un réseau exceptionnel, extraordinaire… le premier truc que j’ai pensé en le voyant est que j’allais manquer de superlatifs.
Présentons d’abord les choses : par le hasard d’internet et de personnes sympathiquement bien placées, je suis entré en contact avec Bernard.
Bernard est une personne d’une grande gentillesse qui nous a accueillis chaleureusement pour faire le tour de son réseau. Il a accepté que je prenne des photos et a expliqué des quantités de choses sur les détails de construction, les tours de main…Je n’avais pas assez d’yeux. L’après-midi a passé comme un rêve dans la bonne humeur et la convivialité.
Posons le décor : Il s’agit de refaire la gare de Plombières (Vosges) et le train des eaux.
Bernard a eut une démarche finalement assez rare de copier le plus possible la réalité. Il avait sous la main une bonne documentation et un talent fou, ce qui veut dire que tout est fait main…à partir de là, le silence devient un superlatif… on ne sait plus quoi dire car les mots ne sont plus assez forts pour exprimer ce qu’on ressent.
Passons aux choses sérieuses : Le réseau est de type étagère en hauteur (environ 1.50m) en forme de U. Il est en voie shinohara code 70: ce qui veut dire reprise de tous les essieux de tout le matériel roulant. A certains endroits, Bernard a même mis des éclisses type proto 87. Le tout est commandé en digital avec sonorisation de plusieurs locos. On est dedans au sens propre du terme.
Je vous propose une balade qui pourrait parfaitement se passer du moindre commentaire mais je donnerai quelques pistes pour poser le regard.
En entrant à gauche, le réseau commence par un PN que nous appellerons PN de Sommeilles-Nettancourt : petite visite.
Les carrés sont fonctionnels pour la lumière et le mouvement. J’ai oublié de préciser qu’à gauche, les trains s’enfoncent dans une partie cachée où ils peuvent soit être stockés soit faire une boucle pour revenir en sens contraire.
Mais approchons nous du PN…
L’arrière de la maison du garde.
Sous l’autre angle.
Les poules sont là, le chien est attaché… je vous rappelle qu’on est au 1/87.
Passons le PN pour passer devant les jardins-potagers.
Nous arrivons dès lors sur Sommeilles-Nettancourt qui a un joli poste d’aiguillage.
Tout y est même la cafetière sur le poêle.
Mais déjà nous voilà sur Sommeilles, on arrive côté halle marchandise où stationne un train de service.
Et puis enfin la gare: Côté quai.
On devine le funiculaire à droite.
Voyez un peu la finesse du lampadaire.
Enfin le BV !
Quittons Sommeilles sans oublier de jeter un coup d’œil sur l’extrémité de la gare.
Nous passons devant le village avec la copie conforme de la maison de Bernard. Le voisin a tiré une rallonge pour sa scie circulaire.
Et la rue sur l’arrière (comptez bien les maisons… il y a un piège).
La ligne s’en va vers la campagne par une grande courbe qui s’enfonce dans la verdure.
Mais le réseau continu et les trains ne sont ni en vue ni audibles ????
-il y a un truc derrière ?… oui me dit simplement Bernard, il y a encore 7m…
Retour des trains sur une portion en courbe parabolique avec un autre petit PN sympa.
Je peux vous assurer que les feux clignotent mais la photo s’est déclenchée entre les 2 allumages… Il permet l’accès à un petit bourg.
Il y a encore du chemin avant le terminus.
Pour eux aussi… voyez le fil barbelé qui plie sous la tension bovine.
- t’y arrives ?
- si tu crois que c’est facile !
- on va être en retard chez maman !
- bon ben alors j’y arrive encore moins ! tu peux pas m’aider ?
- je ne suis pas habillée pour !
- et moi alors ?
- oui mais toi t’es un homme.
- Belle jambe !
- arrête d’être désagréable.
Au loin une jolie ferme vosgienne surplombe le paysage.
En contre bas, une remise.
Sur l’arrière... les détails en lumière.
Les mêmes dans la pénombre.
Devant la remise… un tas de charbon.
Ce coup-ci, on se rapproche franchement du terminus.
Encore une fin de courbe et nous voici sur le viaduc.
Ca y est on arrive… le pont métallique devant l’usine d’embouteillage.
L’usine a des bureaux aménagés avec le personnel et même les courbes de la production.
L'arrière de l’usine. Et le tas de palettes au fond de la cour.
Et voilà enfin Plombières.
La halle
Une belle « flouté artistique »
On y est presque (ce sont mes Romilly, dignes d'être là, je suis touché)
On y est !! Le parking derrière la gare.
Un autorail attend le départ à Plombières…
vous êtes impatients… je le sens un peu ; ben voilà !!
La voilà… apothéose de la visite... un bâtiment hors des stéréotypes en raison de son implantation dans une ville thermale. Il fallait du cossu, du majestueux… cette impression est gardée en HO avec cette construction intégrale.
Le haut.
Et les dessous.
le centre du BV.
Les suspensions sont des copies en Ho des véritables suspensions… regardez aussi la balustrade dans le bâtiment de gare.
Avec une extrême gentillesse et un grand professionnalisme, Mortimer nous offre les photos de sa dernière et magnifique réalisation: un château d'eau de type Est.
D'après ce que j'ai compris, le projet mijotait depuis longtemps, il a finalement abouti. Je vous laisse juge du résultat et surtout, je m'efface devant les explications de Mortimer. Point de matériaux techniques compliqués à trouver: du grand art.
Merci encore à lui d'avoir accepté la mise en images et en ligne de ce projet sur le site. Laissons-le-nous expliquer sa démarche.
Un château d'eau type Est: Voici donc le modèle !
Le château d’eau de St Dizier en 1996.
La cuve sera obtenue à partir d’une boîte cylindrique en carton ou métal. Ce genre de petite boîte cylindrique se trouve en supermarché, par exemple dans le secteur des poudres ou granulés pour boissons chaudes (café, tisanes…). Attention : il faut un diamètre de 8cm pour correspondre aux dimensions réelles car le diamètre de la cuve réelle est de 7 mètres (valeur lue sur un plan du château d’eau de Chalons en Champagne, présenté par la SNCF comme étant semblable à celui de St Dizier que j’ai pris comme modèle). La hauteur doit atteindre au moins 7,6cm (hauteur réelle de la cuve = 6,60m) mais la boîte utilisée peut-être plus haute car l’excédent éventuel peut être enfoncé dans le socle en maçonnerie.
Les lignes de rivets seront obtenues avec la roulette de notre ami Joël (système de roue dentée permettant l’espacement régulier des rivets par repoussage) sur une feuille plastique ultra fine (Evergreen 1.3 dixièmes). Cette feuille est ensuite mise en place autour de la cuve (mais là, j’ai « merdé » en utilisant de la colle à bois diluée pour avoir un peu d’adhérence et c’était une mauvaise idée : formation de quelques cloques par endroit qui risquaient d’être visibles après la peinture : j’ai donc reconsidéré le problème).
Le fut (maçonnerie) est coupé dans un rouleau de carton de 8,4 cm de diamètre. Sa hauteur est de 11,5cm sur mon modèle (hauteur variable selon les châteaux observés).
Pour obtenir la forme légèrement tronconique de ce socle, j’ai découpé 4 encoches verticales dans ce cylindre à partir de la base sur environ les deux tiers de la hauteur pour pouvoir écarter légèrement les parois du cylindre à sa base.
Cet écartement à la base est maintenu par l’introduction en force d’une rondelle de carton découpée dans le même cylindre. Le diamètre du socle en maçonnerie qui est donc de 8,2 cm au sommet est ainsi porté à 9cm à la base. Je colle ensuite du carton à l’intérieur pour boucher les encoches et je bouche avec un enduit (mélange de plâtre et de pâte à papier).
Ici l’ébauche du socle en maçonnerie. L’emplacement des ouvertures est découpé grossièrement. Le bâtiment réel n’est pas cylindrique mais tronconique. Les repères n°1 indiquent les 4 découpes verticales pratiquées pour arriver à ce résultat. Elles ont permis d’élargir le socle à sa base. Une rondelle du même cylindre (repère 2) est rentrée en force à l’intérieur pour maintenir le sur écartement. Le vide qui apparaît ainsi au niveau des découpes verticales est comblé avec de l’enduit (mélange de pâte à papier, plâtre et colle à bois). Le repère 3 montre la bordure du couvercle de pot de crème utilisé pour couronner ce socle en carton.
Même chose. On aperçoit les bouts de carton collés verticalement à l’intérieur pour faciliter le colmatage des quatre découpes verticales.
Les pierres de taille en haut de ce fut sont figurées avec la bordure d’un couvercle en plastique d’un pot de crème.
La confection des arrondis en pierre de taille des ouvertures avec deux profilés en plastique superposés et collés après mise en forme. (Diamètre intérieur = largeur de la porte = 164 cm sur le château de St Dizier). La largeur réelle de cet arrondi est de 30 cm.
Un rond de bière (recoupé) renforce la base.
Pour les ouvertures, j’ai pris les côtes du château près du BV de St Dizier (dont la porte est plus large que sur celui de Gondrecourt).
La porte (100% en plastique) est prête à être mise en place.
Le socle est prêt. Les ouvertures sont mises en place et les vides comblés avec l’enduit précédent. La couronne de pierre de taille (bordure du pot de crème) est en place.
La cuve et la feuille rivetée qui va s’enrouler autour. Cette feuille est en plastique très fin (evergreen 1,3mm). Le tracé des tôles est réalisé au crayon puis repassé avec l’outil à faire les rivets. Si on n’a pas cet outil, on peut essayer de piquer les rivets un par un avec une pointe de compas, mais c’est moins régulier. Remarque : la feuille de plastique avait fait l’objet d’une première tentative de collage avec de la colle à bois diluée et cette colle, en séchant, a laissé le marquage en relief des lignes de rivets sur le cylindre.
La cuve est emboitée dans la base. L’utilisation inopportune de la colle à bois pour la fixation de la feuille rivetée laisse apparaitre des cloques. Cela sera rectifié ensuite. Les « ronds » de l’échelle sont obtenus en entourant du fil (diamètre 0,3) autour d’un crayon de papier.
Après peinture, le château d’eau est terminé.
Premiers essais de mise en place : grâce au miroir, deux châteaux pour le prix d’un!
Voilà pour les grandes lignes de cette construction… Un grand merci à Mortimer pour toutes ces explications étape par étape sur cette construction intégrale de grande qualité.
et un tour en vidéo chez Bernard par Thierry Pupier d'aiguillages.
Un superbe reportage
une vraie merveille
Bernard c’est un grand, un très grand modéliste… il est tellement gentil qu’on qu’une envie c’est de lui dire MERCI... Merci pour son travail et merci de nous le faire partager.
Un modèle à suivre sans aucun conteste…si un jour, je fais simplement le quart de ce qu’il sait faire, je serai content.
Bernard comme François sont pour moi parmi les plus belles rencontres ferroviaires que j’ai faites.
J’espère que vous avez aimé ce reportage autant que j’ai aimé le faire et vous le faire partager.