RRR, RIB, RIO, Kézako?

En voilà des sigles bizarres ? Si on expliquait…

Nous voici donc partis pour un dossier dont le titre veut tout dire, je vais tenter de faire simple car si on se reporte à l’ouvrage de référence qu’est « l’encyclopédie des voitures SNCF », on peut y lire 32 pages sur le sujet, c’est dire si c’est vaste et complexe. On pourra aussi s’appuyer sur le précieux ouvrage de D Redoutey: "le matériel remorqué de la SNCF en 2008"; tous deux aux éditions LVDR.

Résumons donc (enfin essayons).

A partir des années 60, la SNCF a décidé de rénover ses rames de banlieues composées à l'époque de voitures anciennes souvent à 2 portières doubles par face type PO, Ocem Talbot ou Romilly toutes construites dans les années 30 (ou rénovées sur de vieux châssis) par du matériel réversible plus adapté (mêmes si certaines survécurent encore longtemps: la dernière réforme de ces voitures est en 1991). Le matériau de construction de ce nouveau matériel fut l'inox. Couramment utilisé dans les chemins de fer en Europe et aux USA, ce matériaux déjà largement utilisé à la SNCF (DEV inox, rames Budd) était cher à la mise en œuvre mais plus léger et plus facile d'entretien sur le long terme. Le nom Budd (de Budd company) était dérivé d'un procédé de soudure de l'inox dont le brevet a été acheté par Carel & Fouché en France fabricant qui a construit les différentes séries de rames inox.

Surtout donc ne confondez pas avec les rames automotrices Z5100 dites Budd, reproduites par Jouef mais qui n’ont rien à voir (photo Philippe Galaup)

Ni avec des automotrices Z6300, très présentes sur le service banlieue parisienne St Lazare, quelques rames sont arrivées globalement entre 2003 et 2008 pour le service Métrolor en renfort et en attendant le nouveau matériel (ici à Nancy).

Les différences fondamentales : RIO / RIB / RRR

Même si la composition de ces rames est identique, elles n’ont pas grand-chose en commun (mise à part l’usage de l’inox pour les caisses).

D’abord les RIO et RIB sont les mêmes rames: RIO = Rame inox omnibus et RIB = rame inox de banlieue. Il est très compliqué de s’y retrouver et j’espère avoir tout compris et synthétisé au mieux. Il est possible que j’ai fait des erreurs tant les sous séries, reconstructions, modernisations sont nombreuses. Pour les RRR, ces constructions sont plus récentes et différentes ; les types sont moins nombreux puisque ce sont essentiellement les aménagements qui changent.

Modèle réel : RIB et RIO

Pays : France

Compagnie : SNCF

Utilisation : Banlieue puis Régionale

Configuration de base : la formule de base est une voiture pilote, une intermédiaire et une voiture d’extrémité ; sachant que d’une part elles sont prévues pour l’utilisation en UM mais que d’autre part, les rames dévolues à la banlieue ont la particularité de compter plus de voitures intermédiaires (de 3 à 7 éléments par rame).

Les rames ont des caisses surbaissées en inox avec accès par 3 portes doubles coulissantes à 3 plates formes séparant les compartiments en 4 espaces de banquettes (ou sièges) en disposition à couloir central. Elles ont des adaptations en fonction du mode de traction (monophasé / diesel/ continu)

Année de mise en service : à partir de 1960

Nombre d’exemplaires : 794 voitures tous types confondus

Dimensions / poids : 72.25 m attelés (voiture pilote de 24.45 m, remorque intermédiaire de 23.3m + voiture d'extrémité de 24.5). Pour 110 t (en version 3 éléments)

Vitesse : 120 km/h sur des bogies Bruhat type P sur les 436 véhicules construits avant 1980 (bogies Y34 sur les suivants).

Typologie : On peut distinguer 5 tranches de construction pour les RIB et 5 pour les RIO qui sont plutôt des modernisations ; si on se fie au précieux ouvrage de D Redoutey croisé avec l’encyclopédie des voitures SNCF. La distinction entre les séries est très difficile. J’ai tenté un  tableau de synthèse (j’espère qu’il est correct) car certaines rames connurent des transformations importantes dont celles demandées par les régions pour le service TER et repérables sur des RIO 80 -88-90 (elles mêmes déjà issues de transformations de RIO plus anciennes souvent 60 ou 70) avec des changements cabine, suppression de la porte d’accès centrale, bogies Y34 mais qui ne sont pas tous entrepris et pas systématiques.

 

Nombre de rames

Caractéristiques de base

Capacité version 3 caisses

modernisation

RIB 60

203 exemplaires pour 46 éléments 

 

286

(+ 60 strap)

   toutes radiées

RIB 62

 

   Encadrement des fenêtres     englobant 3 baies

 

 

RIB 70

239 unités pour 54 éléments

Commandées entre 70 et 73, entourage de fenêtre par joints néoprène

 

radiées aussi au début des années 2010. Certaines rames furent les premières à assurer un service régional cadencé: Métrolor

RIB 76

150 caisses (dites 3° époque) en 39 éléments

Polyvalentes par rapport à la traction (utilisation possible dans les régions SNCF d’où le changement de détermination RIB è  RIO (changement des aménagements intérieurs = banquettes à sièges)

 

203 caisses RIB 70 et 76 + 132 caisses RIO 79 et 80 pour le service Transilien (ex Banlieue)

 

RIB 80

15 voitures

 

286

(+ 60 strap)

 

RIO 78

195 voitures

 

296

(+ 60 strap)

 

RIO 79

79 voitures en 16 segments

 

 

nouveaux bogies bruhat pneumatiques

RIO 80

92 voitures pour 22 segments

 

250

(+ 60 strap)

bogies Y 34 livrées de 81 à 84 avec

suppression de la porte d’accès centrale

RIO 88

Ex RIB 60

108 voitures

Rames de 4 segments

328

(+ 49 strap)

changements cabine, suppression de la porte d’accès centrale, bogies Y34

RIO 90

Ex RIB 70

15 voitures

Modification de RIO 70

Suppression plates-formes centrales

271

(+ 70 strap)

 

Le total des rames RIO + RIB en service en 2008 au maximum a représenté 794 voitures ventilées entre les services banlieue et TER

Distribution régionale :

 La première utilisation de rame RIB hors Ile de France a été l’essai commercial « métrolor »

Métrolor, contraction de métropole et de Lorraine, le sigle Métrolor est à la base le nom commercial donné à la desserte ferroviaire cadencée sur le sillon Mosellan entre Thionville, Metz et Nancy. Instaurée début 1970, c'est la première desserte régionale conventionnée en France, et la première desserte périurbaine de qualité en dehors de Paris.

Au départ, sa vocation est de donner de la cohérence à la métropole régionale virtuelle Metz-Nancy définie par la DATAR dans le cadre du début de la décentralisation.

Pour son lancement, Métrolor opta pour des rames RIB 70 (3 éléments + 16500) transfuge de la banlieue Parisienne.

Face à son succès, Métrolor inspire d'autres projets en France comme Métralsace en 1980 (Strasbourg-Mulhouse) puis Métrazur en 1986 (Cannes-Nice-Menton), financé exclusivement par l'État à ses débuts, il marque le renouveau des transports ferroviaires régionaux et préfigure la naissance du Transport Express Régional (TER) 16 ans plus tard.

Pratiquement oublié pendant les années 1990, la région Lorraine réanime la marque Métrolor pour la communication sur l’ensemble de son réseau TER Lorraine à partir de 2002.

Des rames (36 caisses RIB 70-76 et 423 caisses RIO 80-88-90) furent affectées au service TER sur 10 régions avec 5 couleurs appliquées en bandeau au niveau des baies vitrées. Ces rames furent progressivement remplacées par les RRR d’architecture globale similaire bien que présentant des fortes différences mais aussi par les AGC.

Les RRR (Rames Réversibles Régionales) : A partir de 1986, on commence à construire les RRR spécialement pour les services TER avec caisses à 2 portes doubles couvrantes et cabines modernisées. Plus récentes, se distinguent par une cabine différente qui n’est pas une modernisation comme sur des X4700 ou RGP mais bien spécifique. De plus, elles ne disposent que de 2 portes par côté qui sont couvrantes. Moins visibles sont les bogies Y34 spécifiques mais aussi monté sur des RIO après modernisation.

Modèle réel : RRR

Pays : France

Compagnie : SNCF

Utilisation : trafic voyageurs régional

Composition : la formule de base est une voiture pilote, une intermédiaire et une voiture d’extrémité (1 caisse supplémentaire est possible); Prévues pour l’utilisation en UM.

Année de mise en service : entre 1982 et 1989

Nombre d’exemplaires : 363 rames

Dimensions / poids : 73 m attelé (en 3 caisses); pour +/- 113 tonnes suivant les dispositions.

Disposition : capacité de 263 places en 2°cl + 24 en 1°cl: total 287, le nombre de strapontins varie de 2 à 39 suivant les dispositions

Autres caractéristiques : Les rames arborent les couleurs des régions qui en sont devenues propriétaires pour les services TER (rouge / bleu / jaune /vert). Les RRR ont de 267 à 287 places assises suivants les dispositions dont 10 à 18% en 1ere cl.

vitesse : autorisées à 140 km/h dans les deux sens de marche après pose d’amortisseurs antilacets sur les bogies Y34.

Quelles locos avec ces rames ?  On peut mettre toutes les danseuses (8500/17000/16500/25500 ; cab longue et courtes) mais aussi des 66000/66400 et des 67000/67400. La plage est donc large.

Modèle réduit de RIO

Marque : Lima puis jouef à partir de 1997
Version : inox, inox avec bandeau de couleur (bleu ou orange pour des rames de régions : Métrazur par exemple), Jouef en version Nord pas de Calais (bandeau orange entre 97 et 2001) puis version IDF avec vente de voiture intermédiaire à l’unité.
Référence :

Lima livrait trois types de coffrets « golden series » = rame 3 éléments Rapide tour des Lima ref de base: rame 3 éléments inox (ref 149770 et 149727),

- Rame 3 éléments + 8500 (ref 149814),

- Rame 3 éléments Métralsace bandeau bleu (ref 149726),

- Rame 3 éléments Métrazur bandeau bleu (ref 149728),

- Rame 3 éléments Stélyrail bandeau rouge (ref 149832),

- Rame 3 éléments Nord pas de calais bandeau jaune (ref 149276)

- Voiture intermédiaire inox seule (ref 149277)

Jouef présentait un coffret en version Nord pas de Calais (ref 500100) et 2 séries de la version IDF (HJ4012+4013) entre 2006 et 2009 et une version inox cartouche corail avec bande de visibilité orange sur la voiture pilote (HJ 4039 +4040) entre 2009 et 2014
Courant continu/alternatif : continu
Echelle : HO
Année de fabrication : lima (1986), Jouef (1997-2014)
Digital/Analogique : analogique avec inversion faux blancs suivant le sens de marche
Marque et type de décodeur : X
Dimensions/Poids : 868 mm attelé

Inscription en courbe : pas de souci sur du 472 mm
Attelage : boucle sur timon rigide sans boitier pour les premières productions puis boitier Nem pour les voitures extrêmes et attelages courts à pincement pour els intermédiaires ce qui donne une rame block bien rigide en pousse comme en traction avec un très faible espace entre les voitures.
Prix : 110 à 180 € pour une rame 3 éléments sans loco

Expérience :

D’après l’article sorti en 1986 dans la rubrique modélisme de « la vie du Rail », cette RIO Lima est une rame type RIO76 variante bicourant raccourcie de 7 à 3 caisses (affectée sur Paris gare de Lyon N°502), sa forme étant très proche des versions régionales, Lima a décliné sa rame immédiatement. L’auteur de l’article fait l’éloge de la rame qui est très bien rendue sur tous les points (y compris les bogies : point faible chez Lima). Il insistait sur le fait que Lima avait bien pris le tournant du « modélisme » (http://lereseaudepsx.e-monsite.com/pages/presentations/du-jeu-au-modelisme.html). Les modèles sont décrits comme difficiles à ouvrir (c’est vrai) et avec de nombreuses pièces à poser (aérateurs, mains-montoirs, plaques d’immatriculation).

C’est une très jolie rame même si on peut trouver que la gravure a vieilli. Elle reste très correcte. Ce que je dirais en plus c’est que les aménagements intérieurs sont sommaires et ça se voit un peu. Le roulement n’est pas extraordinaire en raison des frotteurs sur les bogies de la voiture pilote. Je possède une vieille rame qui ne dispose que de feux blancs fonctionnels. Il ne me semble pas que les dernières n’ont pas  bénéficié d’améliorations de la traverse de tamponnement ou des fanaux.

Second reproche pour moi, c’est le système d’attelage entre les voitures, court et rigide, il est très bien… une fois clipsé car, les timons sont assez souples et ont tendance à se courber vers le bas lors de l’accroche de la rame (on a peur de les casser)… je procède soit la rame couchée, soit avec un levier par-dessous.

La voiture d'extrémité est bien traitée aussi mais ma vieille version a encore un timon d'attelage assez long.

En dehors de ces détails, la rame se comporte très bien tirée ou poussée. Elle est basse donc son centre de gravité est bas. C’est un excellent produit et les prix d’occasion montrent qu’elle a gardé de sa valeur.

 

Modèle réduit de RRR

Marque : EPM (filière française de LSM)
Référence : 8 ref seraient sorties (d’après le site d’EPM en été 2015) :

- rouge (Alsace rame n°303 ref E 41.09.08 / Rhône-Alpes rame n°60 ref E 41.09.01)

- jaune (lorraine ref E 41.19.03 / bourgogne rame n°5 ref E 41.19.11 / Nord pas de calais ref E 41.19.07),

- vert (Auvergne rame n°7 ref E 41.39.10 / Bretagne E 41.39.06), 

- bleu (PACA rame n°318 ref E 41.49.02)

Courant continu/alternatif : continu
Echelle : HO
Versions : Régionales

Année de fabrication : entre 2012 et 2015
Digital/Analogique : analogique
Marque et type de décodeur : inconnu (inclus pour le fonctionnement de l’éclairage y compris en analogique
Dimensions/Poids : 870 mm

Inscription en courbe : de souci sur du 472 mm

Attelage : nem 311 à la voiture d’extrémité, attelages conducteurs spécifiques sur les remorques
Prix : 249 €

Expérience : voir le dossier détaillé : http://lereseaudepsx.e-monsite.com/pages/dossiers-test/la-rame-rrr-d-epm.html

Petite mise face à face

Même si les deux rames n’ont rien de commun, si ce n’est le service, il n’est pas inintéressant de les mettre face à face pour se rendre compte des différences mais aussi entrevoir une réalité d’exploitation qui a été réelle. La cohabitation des rames a duré longtemps.

J’espère que ce petit dossier vous sera utile pour y voir plus clair dans ces séries qui forment des trains très sympathiques.

J’espère que ce dossier vous a plu.

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