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digitaliser une vieille jouef

JMF nous propose aujourd'hui une fiche bricolage pour digitaliser une vieille jouef - ici une CC7100. Ce bricolage est valable pour toutes les jouef car la base mécanique était semblable pour tous les modèles et la place très largement suffisante dans toutes les configurations pour intégrer la digitalisation.

Ce bricolage peut être considéré comme un défi peu coûteux permettant d'acquérir de l'expérience sans avoir peur de massacrer un modèle plus cher, plus performant et moins spacieux. Les tours de main acquis sont toujours bénéfiques.

J'attire aussi l'attention sur le fait que les vieilles locos disposent d'un éclairage par ampoule 12-14V qui chauffent en 16V (tension du digital) ce qui peut aller jusqu'à la détérioration des caisses plastiques... changer les feux (il existe des produits chez miniature-passion ou des achats complets en magasin d'électronique) ou ne les allumés que de temps en temps et pas trop longtemps !!!

Digitaliser une vénérable 

            J'avais envie de relever un défi personnel : digitaliser une locomotive JOUEF ancienne, afin de voir le comportement du classique moteur 5 pôles et de cette mécanique très JOUEF avec un décodeur simple, mais récent (Uhlenbrock standard 76320 = SAI 1180). J'ai choisi parmi ma collection une locomotive électrique CC 7107 des années 70.

            J'avais déjà un peu amélioré, d'une part la caisse par des pantographes JV reliés par une ligne de toiture plus réaliste, et d'autre part le captage du courant sur les bogies capteur et moteur. La transmission se fait par des pignons entraînés par un axe vertical et central relié par sa couronne au pignon du moteur. En fait, ces deux bogies à trois essieux sont des A1A, l'essieu central étant immobile et en figuration (il est d'ailleurs surélevé et ne touche pas le rail). En outre, j'avais ajouté sur ce châssis des lests en plomb de pêche. La voici donc avant transformation.

Principes de transformation : 

Il y a assez de place dans la locomotive pour mener à bien toutes ces transformations.

1)    S’occuper de l’installation du décodeur

– Façonner deux petits circuits imprimés à bandes comme plaques de distribution du câblage sur le châssis et dans la caisse, relier caisse éclairée et châssis par un micro-connecteur à trois contacts ; ainsi que deux à 3 pistes destinés au maintien des leds d'éclairage.

– Convention pour le montage :

Avant du châssis = le bogie capteur

Arrière du châssis = le bogie moteur

Intérieur de la caisse

 et le châssis 

 

– Connexion du décodeur et du moteur : ne pas utiliser la fiche à 8 contacts, mais souder les câbles à la petite platine en C. I. du châssis, en utilisant les codes de couleur normalisés (chercher la documentation dans les modes d'emploi des décodeurs). Il en est de même pour les sorties éclairage du décodeur vers la caisse. La liaison électrique par une paire de micro-connecteurs à 3 contacts entre la caisse et le châssis est un confort quand on veut intervenir sur ces éléments. On peut très bien faire une liaison directe soudée en laissant du mou dans les câbles.

Intérieur de la caisse avec le cache des diffuseurs pour les ampoules 

:

L'arrière du châssis lesté sur le bogie moteur : 

 

Mise en place du décodeur côté bogie capteur. Il est indispensable de créer une petite plate-forme pour isoler pour le décodeur du châssis.

 

Détails :

 

La plaque support du décodeur est collée sur le lest avant du châssis (plomb de pêche) :

 

 

2)    Reprise des essieux

–  Profiter de cette GRG (Grande Révision Générale) pour diminuer la hauteur des boudins des roues, au moins celles du bogie capteur. Celles du bogie moteur ont des bandages caoutchouc. En effet, le côté jouet de cette période JOUEF fait que ces engins ne peuvent rouler que sur de la voie au code 100. Sur de la voie au code 83, plus contemporaine, les bogies tressautent sur les tire-fonds des traverses et obèrent la qualité du captage de courant, tout en faisant un bruit très désagréable. C'est une opération délicate quand on ne possède pas de tour à usiner. Tenter avec une mini-perceuse sur berceau et des limes diamantées. Pour les cotes, voir la fiche correspondante dans les normes NEM du Morop.

Le bogie capteur démonté :

 

 Détails du bogie capteur :

    

3)    Mise en place de l’éclairage par leds

 – Eclairage : les leds à 3 pattes ont 2 pattes reliées au moins (-) pour chacune des couleurs et celle centrale, la plus longue au plus (+) commun. Elles sont soudées sur des petites platines de C. I. à 3 bandes et insérer dans les emplacements des phares. Bien sûr, il faudra éliminer auparavant avec précaution les diffuseurs plastiques transparents un peu trop collés. Les leds devront être peintes en noir pour éviter des fuites de lumière.

Schéma de connexion des leds bi-colores à trois pattes (Copyright : LMT) 

 

– Remplacer le peu discret éclairage d'extrémité à ampoules (fuites de lumière autour des caches mal ajustés) par des leds bicolores blanches / rouges à trois pattes (sorties décodeur obligent).

Les diffuseurs d'origine sont à supprimer par délicat fraisage:

Aléser les trous des phares à d = 3 mm et peindre l'intérieur en noir mat:

 

Insérer des tubes de laiton de d = 3 mm et de longueur 4 mm (longueur du canon de la led bi-colore), les coller:

Les tubes de laiton affleurent, ils seront délicatement peints en gris métallisé :

 

 Les platines des leds qui seront insérées dans les tubes de laiton 

– Eclairage : les leds à 3 pattes ont 2 pattes reliées au moins (-) pour chacune des couleurs et celle centrale, la plus longue au plus (+) commun. Elles sont soudées sur des petites platines de C. I. à 3 bandes et insérer dans les emplacements des phares. Bien sûr, il faudra éliminer auparavant avec précaution les diffuseurs plastiques transparents un peu trop collés. Les leds devront être peintes en noir pour éviter des fuites de lumière.

4)    remontage

Profitons de cette GRG pour faire des retouches, améliorer les détails de la locomotive.

Suggestions d'amélioration : façonner des cloisons pour figurer les cabines de conduite, et si l'on installe un décodeur qui possède une fonction auxiliaire (fil vert = Aux 1 fonction 1), on peut commander l'éclairage d'une cabine par une mini-led avec une résistance en série (1,8 à 2,7 kohms). Coller un conducteur (ROCO).

 Les cabines confectionnées avec du plasticard de 1 mm ; cloison et plancher en gris mat à l'extérieur, en beige clair à l'intérieur :

 

La cabine avant avec le tenon du conducteur collé (ROCO) :

 

Les platines positionnées sous les cabines :

Une led blanche de 1.8 mm pré-positionnée sur une mini-platine pour l'éclairage de la cabine avant, commandé par la fonction F1 auxiliaire, si le décodeur possède cette sortie :

La caisse câblée :

Châssis et caisse connectés par le micro-connecteur à 3 contacts :

 

 Détails :  

Le châssis Jouef vu de dessous :

La locomotive sous alimentation digitale :

 Des travaux complémentaires d'éclairage de la cabine avant ont été effectués, mais aussi des non-prévus.

Le décodeur Uhlenbrock standard 76320 = SAI 1180 a été remplacé par un Lenz standard qui a une sortie pour la fonction F1 (fil vert), destinée à l'éclairage de la cabine.

Ce nouveau décodeur Lenz .

Soudure du fil vert à la platine de la mini-led blanche d'éclairage de la cabine.

Mais l'expérience des essais de la CC 7107 sur un circuit en analogique comme en numérique a montré le côté aléatoire du captage du courant malgré le nettoyage des roues et de la voie. Le numérique supporte particulièrement mal un mauvais captage. Cet inconvénient avec ce type de bogie capteur était prévisible.

Alors en avant pour un re-démontage et une GRG du dit bogie :   

- remplacement de l'essieu central fictif  par un essieu de mêmes diamètre et facture issu de la boîte à bidouilles, équivalente à une « casse automobile », que tout modéliste possède certainement (débutants: ne jeter jamais rien !). C'est ici, un essieu à une roue isolée et épaulement de contact d'une BB 9201 Jouef de première génération ; bogie capteur de récupération (sûrement un achat lors d'une bourse d'échange).

L'essieu fictif à remplacer :  

 

- Ensuite sur les flans du bâti métallique détaché du corps du bogie en relevant les pattes de maintien, on agrandit et ovalise verticalement les trous pour le nouvel essieu central... C'est vrai que ce type de conception de montage chez les Jouef des premières générations, fait un peu bricolo industriel. Car relever et rabaisser plusieurs fois à la pince fine ces pattes peut les casser et il faut alors trouver une solution pour solidariser le bâti au corps du bogie.

- Agrandissement des lumières centrales du dessus du bogie pour laisser le passage des boudins du nouvel essieu, lequel aura vu ses boudins réduits à la lime.

- Fraisages à façon des lamelles de laiton de contact pour le passage des boudins de l'essieu.

- Soudure d'une lamelle supplémentaire souple venant s'appuyer sur l'épaulement de la roue isolée.

La lamelle supplémentaire au centre sur l'essieu central (dessus/dessous).

Les lamelles de contact fraisées et les micro-vis 

- Remplacement des petits tétons en plastique des lamelles de contact par des micro-vis de D= 1,6 mm vissées sans écrous dans le corps du bogie.

Et là, il faut être attentif : à l'origine le bâti métallique est en contact avec les roues non isolées à droite (sens de la marche avant), c'est à dire le rail positif (+) et aussi par les lamelles aux essieux 1 et 3. La roue droite (2) non isolée du nouvel essieu est en contact au + sans besoin de lamelle supplémentaire. Les roues gauche isolées sont au négatif (-). Donc bien positionner le nouvel essieu central (2), et toutes les roues gauche auront par précaution des micro rondelles isolantes de D= 2 mm. La lamelle supplémentaire sera donc évidemment sur la partie gauche (le -).

 

On remonte le tout, on ressoude les connexions au châssis et on essaie. 

Et là : l'électrochoc ! Court-circuit généralisé avec disjonction en analogique et numérique.

Re-démontage du bogie du châssis, vérification des polarités et court-circuit du bogie seul sur la voie.

Alors ?

 

Diagnostic et Solution : une bonne nuit de sommeil, le cerveau arrière en tâche de fond pendant la phase paradoxale de cet indispensable et vital phénomène biologique. La solution apparaît dans le reflet du café du matin : les micro-vis de la lamelle gauche des roues gauche (au -) touchent subrepticement le bâti métallique (le +) en traversant le plastique du bogie.

Enfin, je reviens au « je » [ nous dit JMF]. Je réduis légèrement et très délicatement la longueur des micro-vis par meulage au disque à tronçonner. Ils ne rentrent plus en contact, et cela marche. Vive le sommeil ! J'ai commis une erreur : ne pas vérifier sur la voie l'isolation du bogie seul.

Si des modélistes souhaitent travailler sur des bogies capteurs Jouef de ce type, je leur conseille plutôt de creuser légèrement au préalable le flan du bâti métallique au niveau des vis de maintien des lamelles. Cela évitera de réduire très délicatement et difficilement la longueur des micro-vis.

Le bogie amélioré, dessous

 

Le bogie amélioré dessus.

et remonté sur la loco

Les 3 essieux sont bien en contact avec le rail

 

 Conclusion : Après remontage et vérification, le décodeur a supporté les courts-circuits d'une part, d'autre part, très nette amélioration du captage du courant et de la régularité de marche de la locomotive.

Cependant, les progrès de la commande numérique ne pallieront pas les quelques aspects non souples de la mécanique originelle Jouef, même si les réglages numériques améliorent nettement la douceur de la marche.

Il ne reste plus qu'à détailler la face avant de la locomotive, il y a du travail !

Et le « Fun » pour une ancienne Jouef : le conducteur dans la cabine éclairée.

Souhaitons que cette expérience en deux étapes permettra aux courageux d'éviter des erreurs dans le bidouillage numérique du matériel ancien.

Je [JMF] sens que la numérisation des locomotives Märklin-Hamo (tout métal) ne va pas être triste.

Conclusion :

Après avoir réduit légèrement la hauteur des boudins des roues du bogie capteur et constaté un roulement doux sur de la voie au code 83, les essais montrent un fonctionnement en digital à peu près normal. En effet, il faut chercher des valeurs de CV adéquates qui permettent au moteur 5 pôles de tourner le mieux possible, surtout en basse vitesse où il a tendance à un peu grogner.

Certes, c'est un peu long pour digitaliser une « Vénérable », surtout quand elle a des descendantes à la motorisation plus perfectionnée. Mais ces premières locomotives de notre passion méritent respect et attention, malgré des fonctionnements basiques et un peu rudimentaires.

Tiens, et si je m'attaquais à la digitalisation des mes trois locomotives BB 9200 Märklin-Hamo (2 rails – continu) – BB 9223 verte, BB 9280 Corail, BB 9291 Capitole ; avec le problème du châssis métallique dont un pôle est relié au moteur. En digital tout doit être isolé. Ah oui, il y a aussi la CCE03 de la DB en Märklin-Hamo, et c'est une lourde et une gourmande, donc bien choisir un décodeur puissant.

Comme pour les mots croisés : en route les neurones ! 

J-M. F. - Octobre – Novembre 2013

Un grand merci à Jean-Marie pour sa fiche digitalisation très progressive et didactique.

Bricolez bien  

Date de dernière mise à jour : 29/06/2026