Depuis quelques temps, je m'essaie à la patine: car en regardant mon réseau, je me suis dit que c'était là un axe de travail intéressant (les surfaces et les teintes). C'est un exercice difficile. Il faut déjà passer l'appréhension de tartiner un wagon ou une loco qu'on a parfois payé cher. Alors, on peut déjà s'entraîner sur des véhicules anciens ou de faible coût.
De plus, la patine nécessite d'avoir les bons outils: à savoir les bonnes peintures (qualité et teintes) mais aussi pinceaux voire aérographe (que nous n'avons pas tous) et enfin le tour de main. La belle patine est celle qui se voit peu. Il faut casser le côté plastique sans outrance et là, ça devient subtil.
Mais lorsque je suis tombé sur le travail du très sympathique Brunordx lors d'une expo, je me suis dit qu'il fallait que je me lance d'autant qu'il m'a dit utiliser quasi les mêmes peintures que moi mais aussi de simples pinceaux...Je suis bien tenté d'approcher le résultat de son couvert (je n'ai pas la prétention de l'égaler).
J'étais parti d'un couvert G40 Lima avec frise en bois que je trouvais un peu trop rouge
Une couche de terre ombrée bien diluée et voilà un résultat qui a des failles. Je dois dire que la photo surexpose les teintes: il est mieux en lumière naturelle mais il y a un truc qui ne va pas. En gros, ça ne me plait pas. L'avantage des acryliques est qu'on peut revenir en arrière avec un peu d'eau et une brosse douce (type brosse à dent): attention à ne pas effacer les marquages
Donc, je reprends mon kit perso de patine avec deux teintes (terre ombrée et noire)... peut- être une couleur claire si besoin
C'est sûr que lorsqu'on voit le travail de Brunordx avec un ensemble cohérent, ça donne envie mais on se sent aussi un peu bêta et démuni pour arriver au même résultat.
Voici donc mon humble résultat:
j'ai repris le couvert Lima avec un jus très dilué de noir au pinceau pour marquer les coins, les montants et les joints puis après séchage, je me suis aperçu qu'il était bien mieux et me plaisait bien du coup.
On peut aussi y glisser un peu de terre à décor et aussi souligner des détails comme les patins de freins (et commandes de purges) ou alors la rouille des ressorts de suspension. Personnellement, et sur cet exemple, j'ai peur que ce ne soit trop. Comme le "dessous" était déjà en terre ombrée, le jus le laisse apparaître à certains endroits.
Le toit est une partie délicate car le cumul des pigments vers le bas risque de provoquer des coulures exagérées surtout avec ce genre de toiture très bombée.
Il faut essuyer en remontant les pigments dans le sens inverse de la pente pour les répartir au maximum.
Avec un voile de noir et de blanc brossé, il a l'air bien fatigué.
Voici un autre exemple avec ce petit couvert roco qui ne paie pas de mine mais après un jus de noir sur la caisse et de terre ombrée sur le châssis....
On a ceci...Le plus délicat est encore la toiture car le jus coule beaucoup et entraîne les pigments sans compter que les plastiques ne réagissent pas tous pareil sur l'accroche de la peinture... alors, je commence par le toit et après séchage, je fais la caisse... je travaille du haut vers le bas en terminant par le châssis... bien plus sympa, non ?
C'est finalement assez simple avec cette technique.
On peut faire aussi les châssis de loco modernes car les caisses sont lavées régulièrement mais les châssis échappent aux brosses. Le gris clair des bogies de locos sorties de boite est juste car il correspond à la teinte sortie d'usine (ou de GRG) mais la réalité fait qu'elle ne reste pas longtemps propre... sur cette 63000, on voit bien le résultat.
Travailler sur des vieux wagons permet de prendre confiance, de trouver les bons produits et les tours de main surtout si on est seul pour apprendre...
Une petite nouvelle est arrivée chez moi : la 17000 IDF de Piko . si je vous disais le prix que je l'ai payée ! Je voulais savoir si les châssis s'adaptaient aux Jouef... la réponse est non mais la loco fonctionne très bien... donc je ne suis dit que j'allais la garder... mais il est bien connu que les danseuses ont souvent des dessous crasseux...je ne parle pas de ce genre de danseuses.
mais de celles-ci les caisses sont lavées et restent relativement propres mais dessous c'est poussières et graisses... appliquons au Ho. la loco les armes du crime: les mêmes peintures mates: terre ombrée et noire
la plus importante est celle de droite: terre ombrée A l'attaque... on passe une couche de terre ombrée (au pinceau): la peinture est épaisse, on peut étendre avec un peu d'eau... on laisse sécher. La peinture a un aspect terreux très sympa. On peut en remettre une couche si on pense que la teinte est trop claire. Le plus difficile est d'avoir un aspect uniforme... en tâtonnant, on y arrive bien.
Une fois la couche "terre" satisfaisante, on passe le noir mat qui figure la graisse... on tamponne vers le bas à partir de la boite d'essieux... en séchant, on a une aspect très réaliste qui est mieux que le gris du plastique (qui évoque plus la sortie d'usine que l'exploitation).
Toujours avec le même produit très dilué, cet essai sur un couvert lima dont le rouge pétant faisait trop neuf...
Appliquons encore la méthode, sur une Z24500 d'un ami sortie chez jouef - assez réussie même si des choses pourraient être mieux (détail de toiture, espace entre les caisses). Ne soyons pas plus royaliste que le roy !
La chose qui me paraissait la plus choquante: les bogies gris clair (couleur sortie d'usine) et les flancs de roue bien trop brillants.
on peut comparer ici les deux types de bogie présents sur les engins.
Alors, on commence par les flancs de roues: ici avec du HB enamel n° 112: ça fait tout neuf
donc re-méthode
un jus très dilué de terre-ombrée, j'ai remarqué que si le mélange moussait, on avait un bon résultat (un petit coup sous le châssis au passage). Les caisses régulièrement lavées aux rouleaux peuvent restées propres (les rouleaux nettoient aussi les supports d'amortisseur qui restent gris clair).
on attend que ça sèche, et on applique un jus très dilué de noir mat... c'est bien mieux
je ne me suis pas attaqué à une patine de caisse ou de toiture parce que je ne le sens pas encore... plus tard peut-être.
Avec la même méthode, voici un Gahkkss (autorisé LGV) de Jouef, lesté avec des essieux LMT14. Wagon assez rare mais clinquant avec son vert. Une simple couche de terre bien diluée et le voilà plus réaliste.
Et même avec une démonstration en vidéo (vite faite)
J'espère vous avoir donné envie de faire. Bricolez bien